Une leçon de vie

Sep 4, 2003 | presse

Des malades du Centre valaisan de pneumologie ont gravi le Bishorn (4150 m) mettant en pratique une initiative de l’OMS.

Michel Stückelber¬ger, âgé de 21 ans, souffre de mucoviscidose. Cette maladie congénitale provoque de graves troubles respiratoires. Samedi 30 août, en compagnie d’autres pa¬tients du Centre valaisan de pneumologie (CVP), il admire le panorama du sommet du Bishorn, à 4150 mètres d’altitude. L’exploit paraît fou, le courage de ce jeune malade et de ses compagnons l’est certainement.

Le Centre valaisan de pneumologie à Crans-Montana s’est engagé auprès de l’OMS en si¬gnant une charte promouvant la santé et le bien-être de la population (voir encadré). L’ascension du Bishorn, au-dessus de Zinal, s’inscrit dans cette dynamique. Un groupe d’une ving-taine de patients s’est entrainé durant une année avec l’aide de physiothérapeutes. Le vendredi 29 août, quarante-cinq participants, malades et personnel du CVP, se sont retrouvés à la cabane de Tracuit, en compagnie du docteur Jean-Marie Tschopp, directeur du CVP: «A ma connaissance, jamais en Europe des patients atteints de troubles respiratoires aigus n’avaient gravi un sommet de plus de 4000 mètres. Leur abnégation et leur volonté sont exemplaires.»

A bout de forces
Le 29 août, cinq heures d’effort dans la tempête ont été nécessaires pour réussir l’ascension. Michel Stückelberger se rappelle des conditions difficiles de cette dernière: «A mi-che-min, j’ai commencé à avoir le souffle court, à ressentir quelques vertiges. J’étais à bout de forces à l’arrivée au sommet. Il n’aurait pas fallu monter cent mètres de plus…» L’encadrement professionnel a rassuré les malades lors des moments de doute et de souffrance le long du parcours. L’expédition a permis à quarante-deux marcheurs d’atteindre la pointe du Bishorn. Seuls trois montagnards d’un jour n’ont pas terminé l’ascension, non par manque de volonté, mais sur décision médicale.

Moralement, les malades sortent grandis d’une telle aventure. Michel Stückelberger l’admet volontiers: «Accomplir l’ascension d’un 4000 aux côtés de bien-portants me conforte dans l’envie de poursuivre mon traitement, de continuer à me battre contre la maladie.»

L’hôpital sort de ses murs
En 1992, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lançait le Mouvement des hôpitaux promoteurs de santé (Health Promoting Hospitals, HP11). La santé ne relève plus seulement de l’organisation sanitaire, mais vise le bien-être de chacun. L’intégration du patient doit être totale. Les hôpitaux valaisans ont signé la charte HPH en 2001. Cette dernière possède une double condition. Elle demande aux professionnels de la santé de se centrer sur le bien-être du malade, mais également de viser le bien-être du persannel hospitalier.

L’ascension du Bishorn a réuni les patients et les professionnels de la santé dans un même effort. «Lors de la marche; le clivage entre malades et bien-portants disparaît Ces derniers réalisent mieux la souffrance endurée par les malades», précise le docteur Jean-Marie Tschopp. Il poursuit: «Différentes études démontrent l’impact bénéfique d’une activité sportive chez un malade. L’expérience du Bishorn constitue une mise en pratique de ces théories. De plus, cette approche permet de diminuer les coûts dus aux rechutes des patients souffrant de maladies respiratoires chroniques.»

Lire cet article au format PDF: Le Nouvelliste # 4 septembre 2003 # Alexandre Elsig

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