«Malades, gardez l’espoir»

Oct 2, 2002 | presse

7000 kilomètres à vélo, c’est le défi que se sont lancé et qu’ont réalisé deux Verbiérans de 20 ans afin d’attirer l’attention du public sur la mucoviscidose.

Notre voyage s’est achevé dimanche, mais la mucoviscidose, elle, reste», soupire Michel Stückelberger, atteint par cette pernicieuse maladie génétique qui touche un nouveau-né sur mille huit cents. Partis le ler juin pour la Grèce, Michel et son copain de toujours, Vincent Bircher, ont rallié Vile de Cythère dans le Péloponnèse avant de s’envoler pour le Cap Nord, le point le plus au nord de l’Europe, et de le relier à la Suisse, tout cela à la force du mollet dans le but de sensibiliser le public à la maladie et de récolter des fonds. Au final, les deux amis ont parcouru 7000 kilomètres à vélo en quatre mois! Dimanche, ils étaient enfin de retour à Verbier, accueillis par une foule d’amis et leur famille. «C’était un moment très fort de voir tous ces gens qui nous ont soutenus, financièrement et moralement, Nous les remercions de tout coeur pour ce grand élan de solidarité», déclarent-ils.

«Nous espérons que ce voyage aura redonné de l’es-poir aux malades. Ce n’est pas parce que l’on est atteint qu’il faut se morfondre chez soi, bien au contraire!», précise Michel qui souhaite par son action encourager d’autres malades comme lui à faire du sport. «Une activité physique est recommandée par les médecins, mais la maladie nous limite. Comme c’est plus difficile pour nous, beaucoup préfèrent ne rien faire, pourtant, il faut par¬fois savoir prendre des risques» Les gens ne sont en tout cas pas restés insensibles à cette belle aventure puisque 25 000 francs ont été récoltés par les deux amis, somme qui sera entièrement reversée au Groupement Valais romand pour la mucoviscidose.

Pendant leur périple, Michel et Vincent n’ont pas rencontré de problèmes majeurs, si ce n’est quelques petits ennuis techniques et seulement huit crevaisons pour 7000 kilo-mètres. «Au début, ça a été dur physiquement, puis nous avons pris des automatismes. C’est surtout l’intensité de la pollution à Athènes qui a été pénible pour mes poumons, si bien que je devais porter un masque», explique Michel. Malgré des moments difficiles, les cyclistes ont beaucoup apprécié la sensation de totale liberté et d’autonomie qu’ils ont pu res-sentir durant ce voyage, et cela malgré la nécessité du traitement de Michel, Les deux jeunes devaient en effet avoir en permanence un frigo pour Les médicaments, deux appareils de physiothérapie et une batterie pour les alimenter. Lors du périple, Michel et Vincent ont aussi pu sensibiliser ceux qui ont croisé leur chemin à la mucoviscidose. «Un Croate, en apprenant la maladie de Mi-chel, a d’ailleurs décidé d’arrêter de fumer», ajoute Vincent. De retour, les deux amis sont toujours autant motivés, prêts à se battre pour leur cause. «Il y a encore plein de problèmes, comme par exemple le fait que l’AI ne prenne plus en charge les médicaments à partir de 20 ans. Avant, les malades ne pouvaient pas espérer vivre bien plus longtemps, mais maintenant, les traitements ont progressé, or l’ Al n’a pas réadapté ses prescriptions», concluent-ils.

Lire cet article au format PDF: Le Nouvelliste # 2 octobre 2002 # Caroline Fort

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